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mardi 11 novembre 2014

Austin, gay-friendly sans ghetto homo... pour le moment !

Facebook.com/rainon4th

Le Statesman a publié samedi un intéressant article sur "un projet de passages piétons arc-en-ciel qui définiraient un centre pour la communauté homo, bi et transsexuelle" d'Austin.
"S'il est vrai que le Warehouse District a hébergé des bars et restaurants homos depuis au moins trente ans" et qu"'il y a quelques décennies, on pouvait dire la même chose de Red River", "Austin n'a pas -n'a jamais eu- de véritable gayborhood, défini par un quartier affichant une forte densité de résidents, commerces et vie urbaine LGBTQ" en dépit de la "concentration de couples de même sexe" apparaissant dans les chiffres du Recensement, expose l'auteur.
Cela s'explique par le fait que l'émergence de gayborhoods tels que ceux de San Francisco et New York, mais aussi Dallas et Houston ait été lié au débarquement de personnels militaires gays et lesbiens dans les villes côtières ou d'importantes bases militaires Après-Guerre, explique l'auteur, en se référant à l'ouvrage There Goes the Gayborhood? récemment publié par le sociologue Amin Ghaziani.
Photo : Facebook.com/CastrosWarehouse/
Mais alors que nationalement, "les gayborhoods perdent une part substantielle de leur identité" avec la gentrification de quartiers homos et la plus grande acceptation de la population LGBT par le reste de la société, "Austin va en partie à l'encontre de cette tendance", affirme le journaliste. "Trois nouveau bars gays d'envergure -le Highland, Castro's Warehouse et V ont récemment ouvert ou réouvert dans le Warehouse District", souligne-t-il pour illustrer son propos. Les passages piétons arc-en-ciel accentueraient la tendance. Mais sans forcément modifier les habitudes de la population LGBT d'Austin. De tels symboles pourraient en revanche doper la fréquentation touristique d'Austin par des couples homos. Je pense que ce n'est pas un hasard si des investisseurs privés proposent de financer de tels passages piétons...

lundi 21 juillet 2014

Austin, la ville où les Afro-Américains disparaissent

"Parmi les grandes villes à forte croissance, Austin est la seule dont la population afro-américaine diminue" : "tandis que la population de la capitale du Texas a augmenté de 20,4 % entre 2000 et 2010, sa population afro-américaine a baissé de 5,4 %".
C'est le Texas Tribune qui s'est fait l'écho de ce constat dressé dans un récent rapport de l'Institut pour la recherche et l'analyse des politiques urbaines de l'Université du Texas.

Photo :
David Chapel missionnary baptist church,
http://www.davidchapel.org/
"Il y a une déconnexion entre l'image [progressiste d'Austin] et ce qu'il se passe sur le terrain", explique le révérend Joseph C. Parker Jr., qui pointe notamment les inégalités économiques dans ses réponses au Texas Tribune.

Moi qui ai largement couvert les thématiques migratoires, notamment sous l'angle social, j'ai été très intéressée de constater que les chercheurs faisaient un lien direct entre immigration illégale et difficultés économiques de la population afro-américaine.
"L'économie croissante des services et l'abondance de nouvelles constructions résidentielles et commerciales à Austin repose avant-tout sur une main-d'oeuvre immigrée, principalement des travailleurs sans-papiers d'Amérique Latine. Les employeurs favorisent ces travailleurs par rapport aux non-immigrés, car du fait de leurs statut migratoire précaire, ils sont perçus comme plus flexibles que la main-d'oeuvre non-immigrée -ils travaillent plus longtemps pour des salaires inférieurs."

Les chercheurs vont poursuivre leurs recherches afin d'identifier les mesures les plus efficaces pour lutter contre cette exception austinite peu flatteuse.

Photo : Austin’s African American Cultural Heritage District, http://www.aachd.org/
En attendant les réformes de fond qui permettraient d'inverser la tendance, le Texas Tribune signale l'existence d'une association dédiée à la préservation et la mise en valeur de l'héritage afro-américain d'Austin, l'Austin’s African American Cultural Heritage District, qui organise notamment des visites guidées du quartier historiquement afro-américain de l'Eastside.

Avant d'en suivre une, je partage avec vous quelques clichés du dernier MLK Day que je n'ai jamais pris le temps de chroniquer, mais qui m'a laissé un drôle d'impression de communauté en voie de disparition. C'est maintenant scientifiquement prouvé !

lundi 7 octobre 2013

Réforme de l'immigration : piqûre de rappel

A Austin comme dans des dizaines d'autres villes du pays on a manifesté samedi en faveur d'une réforme migratoire d'envergure dans le cadre d'une "journée nationale pour la dignité et le respect" ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes à l'échelle du pays, selon les médias nationaux.
(cf. My Texas).

Avec des slogans comme le prosaïque "Nous travaillons dur, taxez-nous !", le poétique "Tu es mon autre moi" ou le traditionnel "Le peuple uni jamais ne sera vaincu", c'est surtout Obama qui était interpellé. "Le vote latino t'as fait président, il faut que tu tiennes ta promesse", lui a-t-on notamment rappelé.
Mais ce qui frappait par rapport aux défilés au cours du premier semestre, avant que les Républicains de la Chambre des Représentants ne commencent à élaborer une contre-proposition au projet de loi du Sénat, et quand un vote d'ici à la fin de l'année semblait encore possible, c'est que ce sont avant tout des familles qui ont manifesté (cf. diaporama à la fin de ce billet).
Force drapeaux américains à l'appui, le thème douloureux de l'arrêt des reconduites à la frontière afin de permettre aux familles de rester unies en attendant que le Congrès agisse était particulièrement présent.  

"Dans le comté de Travis [où se trouve Austin], on déporte plus de sans -papiers ayant commis des délits mineurs que dans tout autre de l'Etat", a dénoncé Antolin Aguirre, coordinateur régional de la Coalition d'Austin pour les droits des immigrés, à peine le groupe de quelque 150 personnes arrivé au Woolridge square park fraîchement rénové.
(Ce serait le plus ancien des pars d'Austin et il se trouve entre les neuvième et dixième rues du centre-ville, le long de Guadalupe street si vous voulez aller jeter un coup d’œil à cette rénovation que j'ai trouvée réussie.)
"Chaque journée qui passe sans vote d'une réforme migratoire d'envergure, ce sont 1100 personnes qui sont reconduites à la frontière", a embrayé Alejandro Caceres, co-directeur de la Coalition pour les droits des migrants. Avant que deux jeunes femmes nées aux Etats-Unis ne racontent les histoires de leurs familles seulement à moitié reconnues par les autorités de ce pays. Que deux hommes aux cheveux parsemés de blanc réclament des papiers pour pouvoir travailler plus sereinement. Et qu'une mère de famille témoigne comment la Coalition pour les droits des immigrés était ce qui lui donnait l'espoir de retrouver bientôt son mari renvoyé à la frontière il y a sept mois.
En attendant, elle ne porte plus que le nom de son père, refusant d'utiliser son second nom de famille -correspondant à celui de son mari absent, tant qu'il ne sera pas de retour. "La peine n'est pas dans les histoires véhiculées par les médias. Elle est dans le cœur des familles", concluait très justement cette femme, me faisant beaucoup relativiser mes soucis de renouvellement de permis de conduire et le délai que prennent actuellement les services migratoires pour répondre à ma demande de changement de statut migratoire...
Entre son témoignage et celui, tout aussi poignant, d'une Salvadorienne qui concluait une tournée aux Etats-Unis afin d'expliquer la hausse de l'immigration en provenance de son pays et du Honduras voisin par la situation économique et sociale dramatique dans laquelle se trouvent ces deux pays, situation à laquelle les Etats-Unis ne sont pas tout à fait étranger, j'avais eu mon compte d'émotions pour la journée et je suis rentrée, plus déterminée que jamais à témoigner des réalités de l'immigration latino aux Etats-Unis.
manifestation 5 octobre 2013

dimanche 29 septembre 2013

Le poids des Asiatiques à Austin reconnu

L'orage n'a pas découragé la foule.
Signe de la diversité croissante de la capitale du Texas tout comme de la présence de plus en plus marquée des communautés asiatiques aux Etats-Unis, Austin a inauguré hier son centre asiatico-américain.
Situé au nord-est de la ville (8401 Cameron road), l'Asian American Resource Center vise à informer le grand public sur l'histoire des Asiatiques au centre du Texas en particulier au travers d'expositions, de conférences et de projections de films, mais aussi à diffuser les cultures asiatiques et asiatico-américaine par le biais de spectacles, cours de yoga ou de taï-chi-chuan, dégustations de thé, parties de mahjong, etc.
C'est le maire d'Austin qui a coupé le ruban.
Imaginé il y a une vingtaine d'années par les organisations asiatiques d'Austin réunies en réseau, l'espace est aussi, bien entendu, un formidable lieu de rencontre pour les ressortissants des différents pays d'Asie vivant à Austin ainsi que les Austinites d'origine asiatique. Et montre que, lorsque des individus ayant des affinités se serrent les coudes et font l'effort d'aplanir leurs différences, ils peuvent parvenir à de beaux résultats. Associations humanitaires, professionnelles, de Bangladais, Cambodgiens, Chinois, Coréens, Indiens, Philippins, Taïwanais et Vietnamiens, ont dû investir dans le projet. Mais la ville d'Austin a par la suite investi plusieurs millions de dollars dans le terrain et le bâtiment, puis une équipe d'une demi-douzaine de salariés, tandis que le gouvernement fédéral a soutenu le projet à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars.
L'inauguration était donc une belle fête, dont je vous laisse découvrir plus de clichés dans le diaporama ci-dessous. Mais ce que l'évènement a surtout démontré selon moi, c'est le poids d'une communauté représentant plus de 6% de la population d'Austin lors du dernier recensement, en 2010, au-dessus de la moyenne de l'Etat (3,8%) tout comme de celle du pays (4,8%, toujours en 2010, mais déjà actualisé à 5,1%  en 2012 sur les State & County Quick Facts du Recensement américain).
On en parle peu, mais le nombre de personnes se déclarant Asiatiques a progressé de plus de 43% aux Etats-Unis entre 2000 et 2010, devant les Hispaniques, à 43,3 % contre 43%. Et le Texas bat des records, puisque l'évolution du nombre d'Asiatiques a été de +72% à la même période (devant la Floride à +71% et la Pennsylvanie à +62%). Même si "l'ouest des Etats-Unis comporte une proportion d'Asiatiques plus forte que tout autre région du pays", leur part "a diminué dans l'ouest tandis qu'elle a augmenté dans le sud" entre les deux derniers recensement, souligne le Recensement.
Dans le comté de Travis où se trouve l'essentiel de la ville d'Austin, cette évolution n'est "que" de +26,1%. Mais cela reste notable. Et devrait inciter les Austinites à profiter de cet Asian American Resource Center flambant neuf...
Asian American Resource Center opening ceremony

vendredi 9 août 2013

A Austin, les chevilles ouvrières de la construction sont mexicaines

S’il y a une ville qui symbolise le boom économique texan à l’heure actuelle, c’est la capitale de l’Etat. Quasiment dix fois plus petite que New York, qui domine le classement des villes américaines à plus fortes croissances démographiques en valeurs absolues, Austin se trouve juste derrière Los Angeles et deux autres cités texanes (mais bien plus étendues qu’elle : Houston et San Antonio) dans ce top cinq établi par le Recensement américain. Quant à sa future banlieue, la ville voisine de San Marcos, elle affiche le taux de progression record de 4,91 % par rapport à l’année antérieure, le plus fort enregistré dans le pays l’an dernier.
Dans la région d’Austin plus que dans quelconque autre endroit des Etats-Unis, on construit donc. Des logements, mais aussi des écoles, des hôpitaux, des bureaux, des campus universitaires, des centres commerciaux, des ponts, des échangeurs autoroutiers… Et à chaque fois ou presque, il y a des Mexicains sur les chantiers.
(...)
Retrouvez la totalité de mon reportage à la rencontre des travailleurs de la construction immigrés du Mexique à Austin dans Le Ben Franklin Post, magazine de l'agence France USA Media

Ce sera notamment l'occasion de découvrir un acteur majeur de la défense des travailleurs immigrés : le  Workers Defense Project, une association qui vient de remporter une bataille emblématique à Austin. 
L'article présente le bras de fer qui l'oppose au porteur du plus important projet d’hôtel de luxe JW Marriott lancé à ce jour. Depuis sa rédaction, le Workers Defense Project a fait l'objet d'un papier dans le New York Times (ça fait toujours son petit effet...), mais surtout obtenu gain de cause auprès de la ville d'Austin, qui a annulé près de quatre millions d'incitations à s'implanter dans la capitale du Texas, jugeant que le groupe Marriott n'a pas respecté ses engagements salariaux vis-à-vis de treize charpentiers employés sur le chantier.

jeudi 20 septembre 2012

Moins de pauvres à Austin, à contre-courant du Texas et du pays

Ma revue de presse du jour montre que la pauvreté augmente dans toutes les grandes villes du Texas (en droite ligne avec les chiffres nationaux), sauf... à Austin ! Toujours situé au-dessus de 15 % (à 15,2 %), le taux de pauvreté de l'agglomération reste trop élevé. Surtout quand on sait que le seuil de pauvreté est fixé à 23 000 dollars pour une famille de quatre personnes (ce qui fait d'après moi beaucoup plus de gens vivant dans la misère...). Mais la part des pauvres dans la population d'Austin se situe un cran plus bas que les taux de pauvreté des agglomérations de Houston (17,4 %), San Antonio (16,6 %) et Dallas (15,8 %), tous orientés à la hausse. Et ce, malgré le nombre croissant de personnes venant tenter leur chance dans la capitale du Texas (voir mon post sur le boom démographique d'Austin). Et ça, ça me rend vraiment heureuse de vivre ici !

mardi 14 février 2012

Après l'occupation des villes, celle des esprits ?

Bon, à la veille de prendre l'avion pour la France (où ma sœur se marie dans moins d'une semaine maintenant !), il devient clair que je n'aurai pas le temps d'aller constater par moi-même le départ de la place de la mairie du camp d'Occupy Austin (le mouvement dont je vous ai pourtant parlé les 6, 15, 20 et 31 octobre, ainsi que le 17 novembre, à l'occasion des deux mois d'occupation de Wall Street, à New York). En somme, j'ai fait ma journaliste "de base" : j'étais là au début de l'évènement, puis ai fait monter la mayonnaise en suivant de près les développements des premières semaines et l'élément national qui donnait un peu plus d'éclat à cette actu locale, avant d'abandonner le sujet à son triste sort quand il n'y a plus rien eu de croustillant à se mettre sous la dent...
Si un rédacteur en chef venait à tomber sur ces lignes, je tiens néanmoins à préciser que je n'attends que l'opportunité d'un travail rémunéré pour analyser la signification de mouvement ! Car je le trouve symptomatique de l'état dans lequel se trouve la société états-unienne : des politiques économiques a priori plus efficaces que la rigueur européenne pour faire baisser le chômage, mais tellement d'inégalités qu'une frange de la population en est réduite à descendre dans la rue pour demander plus de justice sociale. De même qu'on peut se demander si la Chine peut continuer à être l'usine du monde alors que les grèves s'y multiplient, on peut se demander quelle est la portée du rêve américain dans ce contexte.
Mais, pour en revenir aux faits, le suspens de ces dernières semaines dans le feuilleton médiatique d'Occupy Austin, c'était de savoir quand la ville (plus permissive que New York ou Oakland, du fait de la petite taille du campement) allait faire évacuer les occupants. En sachant que ces derniers avaient toujours la possibilité de revenir, en défiant l'ordre de ne pas dérouler son sac de couchage sur l'espace public sous prétexte de problèmes d'hygiène (alors que des règles précises étaient en vigueur depuis plus de trois mois...).
Page 11 du Austin Chronicle du 8 février.
(Le titre en français ne concerne pas Occupy.)

C'est justement parce que je pensais que les occupants allaient revenir que je ne vous ai pas parlé de leur expulsion, il y a dix jours. Mais le Austin Chronicle a confirmé les constatations des autres médias locaux la semaine dernière : il n'y a plus de camp Occupy Austin.
Dans la capitale texane comme ailleurs, le mouvement a dit vouloir prendre d'autres formes. La protestation va continuer, mais les plus exclus (comme les SDF qui s'étaient joints au campement) auront plus de mal à s'y intégrer, je pense. Vont-ils, du coup, ressentir une frustration accrue ? Quelle forme pourrait-elle prendre ? Ce sont ces questions que j'aimerais creuser si un média voulait me payer pour le faire !

mardi 17 janvier 2012

Austin, combien de sans-abri ?

En France, la dernière enquête Insee relatrive aux sans-domicile remonte à plus de dix ans (elle a permis d'établir le chiffre de 86 000 SDF et vous la trouverez si vous voulez en savoir plus).
A Austin, la coalition d'associations, collectivités et particuliers qui gère les foyers d'hébergement du comté pour le compte du ministère du Logement (connue sous l'acronyme Echo) mène un recensement annuel.
Alors, j'ai beau savoir que le recensement de la population française et les enquêtes de l'institut national de la statistique sur le logement permettent d'actualiser les données recueillies en 2001, je ne peux pas m'empêcher de penser que, des fois, le service public n'est pas la solution la plus efficace pour s'attaquer aux problèmes...
Bon, d'un autre côté, le travail bénévole que j'ai commencé à fournir au centre de ressources pour les sans-abri d'Austin (l'Arch, actuellement géré par l'association Front Steps) m'a aussi montré les inconvénients d'un Etat-providence réduit à sa plus simple expression : j'ai eu la nette impression que les vieux, les chômeurs ou les malades finissaient plus vite à la rue aux Etats-Unis qu'en Europe ! Et elle est malheureusement corroborée par le chiffre de 3 400 SDF recensé dans le comté de Travis...
Donc, au-delà des coups de main au restaurant, au guichet courrier et hygiène, dans les bureaux ou la salle informatique de l'Arch, au-delà des dons en nature ou en argent à Front Steps*, je tenais à faire savoir aux Austinites qu'ils pouvaient participer à cette utile opération de recensement ce dimanche 22 janvier en allant à la rencontre des sans-logis (si vous parlez suffisamment bien anglais) ou en saisissant les données sur un ordinateur. Il suffit de s'inscrire sur le site internet d'Echo et de suivre une rapide formation. En contrepartie, je vous assure de vivre une belle expérience humaine !
*En ce moment, l'association a besoin de chaussettes, de tickets de bus et de produits d'hygiène (savon, déodorant...).

jeudi 12 janvier 2012

Un Texas syndiqué

L'hôtel Hilton d'Austin downtown a bénéficié d'une curieuse publicité aujourd'hui. La fédération texane de la principale centrale syndicale américaine, l'AFL-CIO, y a en effet organisé, avec le soutien d'Occupy Austin, un rassemblement pour dénoncer le "zèle anti-syndical" de Scott Walker, le gouverneur du Wisconsin, sur lequel je me suis penché dans le cadre de la correspondance que j'assure pour Planet Labor, une agence de presse spécialisée dans le domaine social. Car en cette période de vaches maigres, il y a une remise en cause globale de la négociation collective. Alors quand le gouverneur qui a suscité les plus importantes manifestations de fonctionnaires du printemps dernier ouvre la conférence annuelle de la Texas Public Policy Foundation, même dans cet Etat peu syndiqué, ça fait réagir ! Ils étaient entre cinquante et cent à demander sa destitution en criant "the people united, will never be defeated" (le peuple, uni, jamais ne sera vaincu).

jeudi 17 novembre 2011

Austin, New York, même combat !

Ma première visite au capitole n'a pas été de tourisme : c'est là qu'Occupy Austin, le mouvement qui campe sur l'esplanade de l'hôtel de ville depuis le 6 octobre pour protester contre le pouvoir de l'argent, a décidé de fêter les deux mois d'occupation de Wall Street avec une manifestation sur le thème de l'éducation, à l'occasion de la journée internationale du militantisme étudiant. Il y avait un peu de monde devant la législature texane. Mais, comme à New York, où les manifestants ont échoué à retarder l'ouverture de la bourse, les occupants d'Austin doivent se plier aux ordres de la police. Plus tard dans la soirée, cinq manifestants qui s'étaient enchaînés aux arbres de la place de la mairie pour y passer la nuit, malgré l'accord passé avec la ville pour un nettoyage régulier de la place, ont été arrêtés.

lundi 14 novembre 2011

Quel succès ce cancer du sein !

Photo Komen Austin.
Depuis des semaines les panneaux roses "we show our support" se multiplient et hier, à la course annuelle au bénéfice de la lutte contre le cancer du sein, il y avait plus de 17 000 participants qui ont réuni plus de 600 000 dollars pour la cause, rapporte le Statesman. Pas mal non ?

lundi 31 octobre 2011

Les points sur les i

Après l'arrestation d'une quarantaine de manifestants hier, du fait du non-respect de l'interdiction de la buvette du campement par la municipalité, les représentants d'Occupy Austin (mouvement démarré le 6 octobre, dans la foulée de celui de New-York) et ceux de la ville se sont mis d'accord sur un fonctionnement précis devant éviter les dérapages... et comprenant un stand alimentation, rapporte le Statesman.

mercredi 26 octobre 2011

De la pub pour la bonne cause

Visuel I Live Here, I Give Here.
La remise des prix de l'emploi des handicapés organisée hier est l'occasion de parler d'une association qui a contribué à faire connaître les initiatives en la matière : I Live Here, I Give Here (je vis ici, je donne ici). L'idée étant précisément d'aider les habitants d'Austin à identifier les causes à financer leur correspondant le mieux. C'est que la redistribution est bien moindre ici qu'en France (même si elle régresse dans l'Hexagone ces dernières années...). Les "non-profits", comme on les appelle ici, doivent donc compter sur la générosité du public. Or, bien que ses habitants donnent beaucoup de temps à la communauté, "Austin est la 48e sur les 50 plus grandes villes des Etats-Unis en termes de dons par revenu disponible", informe I Live Here, I Give Here. Il faut donc "approfondir la culture philanthropique individuelle dans le Centre du Texas", conclut la structure, qui s'y emploie en alimentant un annuaire des associations, en faisant la promotion de leurs collectes de fonds et en organisant ses propres évènements. Moi je trouve qu'ils n'ont pas volé leur prix !

lundi 24 octobre 2011

C'est beau la solidarité

Photos Bastrop Fire Information and Help.
Etudiants, employés de sociétés hi-tech, communautés religieuses... Au centre de réception des bénévoles souhaitant venir en aide aux victimes du récent incendie de Bastrop (lire mon premier post), les groupes se succèdent à un rythme soutenu tout au long des week-ends si j'en crois la page Facebook de la structure, elle même tenue par des volontaires. Chapeau !

jeudi 20 octobre 2011

Le suspens d'Occupy à son comble !

Si vous voulez vous amuser un peu, lisez-donc la description que le Statesman de ce matin faisait d'Occupy Austin (la manifestation contre la collusion entre pouvoirs financier et politique évoquée dans deux précédents posts, ici et ) : "une sorte d'émission de télé réalité produite par les réseaux sociaux" avec plus de 150 personnages réunis chaque soir sur la place de la mairie !
Voilà qui fait diablement écho à l'excellente analyse de Corine Lesnes, correspondante du Monde à Washington (oui, décidément, je suis fan !) sur la surmédiatisation du mouvement...
Les derniers épisodes étaient pleins de rebondissements liés aux divergences de points de vue entre différents participants. Les scénaristes nous réservent-ils encore bien des surprises ou la série va-t-elle s'arrêter faute d'audience ?

samedi 15 octobre 2011

Occupy : Austin toujours en pointe

Photo Occupy Austin.
Malgré des premières arrestations d'occupants refusant de libérer la place de l'hôtel de ville pour nettoyage dans la nuit de Occupy Austin annonce sur son site 2 000 participants à la manifestation organisée ici dans le cadre de la première journée mondiale des "Indignés", mais moins de 1 000 sur sa page Facebook et j'avoue que je n'ai pas été vérifier (et je ne vais pas y aller maintenant, car le sit-in devant Citibank est en train de dégénérer si j'en crois les derniers tweets...).
Quoi qu'il en soit, cela équivaudrait (toutes proportions gardées) à la mobilisation qui a eu lieu à Grenoble et qui dépasse de loin celle du reste de la France d'après le décompte du Monde. Après le poids du secteur hi-tech, le nombre d'étudiants, la proximité de la nature et la place du vélo dans la ville, voici un nouveau parallèle entre la capitale du Texas et celle des Alpes !

jeudi 6 octobre 2011

"We the people"

Ca y est, Austin aussi est occupée ! Un rassemblement calqué sur celui de Wall Street, à New York, a démarré ce matin sur l'esplanade de la mairie, située au coeur de la ville. Mais "cela fait une semaine que nous nous réunissons tous les jours en préparation de l'évènement", informe Carl Lindemann, l'un des participants chargés des relations avec les médias.
Jeunes au chômage, retraités, personnes dans la galère ou révoltés menant un train de vie confortable... Il y a de tout dans "Occupy Austin" ! Et si la manifestation a commencé en douceur en milieu de matinée, avec moins de 200 personnes présentes, elle est vite montée en charge : les organisateurs annoncent un millier de participants cette après-midi. Un chiffre confirmé par le Statesman.
Moi, j'ai remarqué la présence de plusieurs hippies, rappelant qu'Austin est la ville de Janis Joplin. Mais le diaporama du quotidien montre que le mécontentement est généralisé.
"Greed", c'est-à-dire "avidité" est le mot clef des slogans dénonçant le pouvoir de l'argent et les inégalités croissantes. Une manifestante allant jusqu'à citer le mot de la reine Marie-Antoinette au début de la Révolution française : "qu'ils mangent donc de la brioche". Commentaire : "les Français avaient bien vu. Je mange des haricots. Merci Wall street !"
A la tribune, chacun y va de son leitmotiv, de son anecdote, voire de son poème ou de sa chanson. Et quand il y a eu une tentative de modérer les débats pour aller au-delà de la protestation, l'écrasante majorité des participants a scandé "free speech" pour réclamer la liberté de parole.
A défaut d'établir une liste bien établie de revendications, Occupy Austin organise une série de formations (politiques, sur les techniques de la non-violence...), un concert et, demain, un défilé en direction de Bank of America, l'une des cibles préférées des manifestants.

mardi 20 septembre 2011

Un fossé au milieu des collines

La ville étant située en limite de petites collines bordant les plateaux s'étendant jusqu'aux Rocheuses, le relief d'Austin est plutôt doux. Pourtant, un fossé se creuse au sein de la ville, dont 20 % des habitants vivent désormais au-dessous du seuil officiel de pauvreté (fixé à 22 000 dollars annuels pour une famille de quatre personnes, alors que les besoins d'un tel foyer sont  estimés à 56 000 dollars annuels), tandis que la part des personnes qui gagne plus de 200 000 dollars par an augmente. Elle a atteint 4,9 % en 2010, contre 4,6 % l'année d'avant, selon le Statesman d'aujourd'hui.